Les 4 cavaliers de l'inaction

Podcast | 18 February 2026

Projet Cassandre - Episode 1

Dans ce premier épisode du Projet Cassandre, je reçois Claude Garcia, écologue et professeur de gouvernance forestière internationale à l'université des sciences appliquées de Berne.

Depuis 30 ans, Claude explore des régions tropicales pour observer comment les gens prennent des décisions sur les territoires, et développe des méthodes pour transformer notre façon de voir les enjeux écologiques par le jeu. Avec son équipe, il a co-publié en 2021 l'étude "Choices We Make in Times of Crisis" dans la revue Sustainability, proposant une grille de lecture pour comprendre les comportements jugés irrationnels dans le débat climatique : le système des quatre portes. Un cadre théorique puissant et accessible pour comprendre les blocages dans la communication et identifier les leviers d'action.

Transcript

Introduction

Claude : Il y a quatre obstacles à lever pour pouvoir transformer le système, pour pouvoir changer soi-même et changer les autres : il faut avoir l'information, il faut y croire, il faut agir dessus et il faut avoir les moyens d'agir. Et ce sont quatre discussions totalement différentes à avoir.

[Générique]

Gwen : Bonjour et bienvenu dans Le Projet Cassandre, un podcaste pour les scientifiques et les activistes qui alertent sur la catastrophe socio-écologique mais qui ont l’impression de ne pas être entendus. 

Cassandre était une princesse Troyenne douée de prophétie mais privée de tout pouvoir de persuasion. Incapable de convaincre ses interlocuteurs, elle était condamnée à voir ses visions se réaliser. 

Un mythe grec tristement contemporain, tant il s’incarne aujourd’hui dans les scientifiques et activistes qui tentent de nous avertir de la catastrophe écologique et sociale en cours

Dans ce podcast, seule ou avec des invités, je décrypte les angles morts qui empêchent vos messages d'être entendus, et je partage des clés pour briser ce mauvais sort.

Discussion

Gwen : Pour cette première série d'épisodes, je suis accompagnée de Claude Garcia, Claude Bonjour.

Claude : Bonjour

Gwen : merci d'être là, merci de prendre le temps. Avant de commencer à t'assaillir de questions, je vais essayer de te présenter un petit peu. Et n'hésite pas à me reprendre si je dis des bêtises ou à compléter si jamais j'oublie des choses qui te paraissent importantes.

Claude, tu es écologue, spécialiste de la gestion des forêts tropicales, professeur de gouvernance forestière internationale à l'université des sciences appliquées de Berne et associé scientifique à l'ETH de Zurich. Ça fait à peu près 20 ans que tu sillonne les régions tropicales pour observer comment les gens prennent des décisions sur les territoires, et à travers des projets de recherche transdisciplinaires, tu as développé avec ton équipe une méthode pour transformer notre façon de voir les enjeux écologiques par le jeu. Tu as d'ailleurs co-fondé le LEAF, une équipe d'experts en pensée systémique et en facilitation participative, avec laquelle vous développez des jeux de rôle basés sur la stratégie, la gestion de ressources et l'intelligence collective.

Et pour finir, ce qui va être le centre de notre discussion pour cette petite série d'épisodes, tu es co-auteur avec une dizaine de scientifiques de l'étude "Choices We Make in Times of Crisis", donc "Les choix que nous faisons en temps de crise", qui a été publiée en 2021 dans la revue Sustainability.

Claude : Oh ! C'est presque parfait. Il manque dix ans, ça fait pas 20 ans, ça en fait 30.

Gwen : Faudrait que tu mettes à jour ta... faudrait que tu mettes à jour ta biographie.

Claude : C'est possible, ouais.

Gwen : Dans l'article que je viens de citer, toi et ton équipe vous avez développé une grille de lecture qui permet de comprendre les comportements jugés irrationnels dans le débat sur le climat. Est-ce que tu peux commencer par m'en dire plus sur ce système que vous appelez le système des quatre portes ?

Claude : Oui, il y a beaucoup de choses à dire parce que... tu vois, la façon que tu l'as présentée, c'est en fait la façon qui nous a amenés à cette position, mais c'est l'apparente irrationalité. Mais il faut commencer par se rendre compte que ce qui, moi, me paraîtrait rationnel, paraît parfaitement rationnel probablement à la personne que j'ai en face de moi, et que c'est moi qui paraîtrais irrationnel à la personne en face de moi. Donc déjà, il faut se rendre compte qu'il y a énormément d'effets miroirs dans cette histoire.

Gwen : Oui, c'est très subjectif finalement, la rationalité des décisions qu'on prend. On ne se dit jamais « je vais prendre cette décision de manière irrationnelle », on a toujours l'impression de prendre une décision rationnelle.

Claude : Mais déjà faire cette étape-là, c'est un pas en avant, parce que ça veut dire que j'accepte l'idée que ce n'est pas moi qui ai la vérité et que peut-être il y a quelque chose à entendre de l'autre côté. Tout le monde n'en est pas là dans ces étapes-là. Donc c'est déjà un premier pas, se rendre compte que la situation est asymétrique.

Ce n'est pas vraiment une étude en réalité, c'est un échafaudage théorique, une grille de lecture si tu veux, pour parler simplement. C'est un outil, en fait. C'est un outil de pensée. C'est vraiment une grille de lecture : quand vous avez quelqu'un en face de vous que vous ne comprenez pas, quand vous avez une situation en face de vous que vous ne comprenez pas, eh bien hop, vous sortez la grille de lecture et ça va vous aider à faire la part des choses pour comprendre pourquoi ça coince, pourquoi ça bloque.

Eh bien, c'est comme un couteau suisse, c'est extrêmement polyvalent, c'est extrêmement adaptable. Il ne se passe pas une journée où je ne l'utilise pas pour décortiquer un discours politique, une prise de position sur un réseau social, ou un article scientifique.

Gwen : Oui, c'est sûr que ça permet un peu de choisir des angles de vue spécifiques en fonction des sujets, en fonction, des circonstances, des personnes auxquelles on s'adresse. C'est un outil qui est assez simple d'accès, parce que quand j'en ai pris connaissance dans une conférence, et ensuite en lisant le papier, moi, j'ai zéro expertise, connaissance dans ce domaine-là, et pourtant c'est très facile à aborder et à mettre en pratique.

Claude : Ah, attends, ça c'est super important, ce que tu viens de dire. Tu as lu l'article scientifique ? Mais personne ne fait jamais ça, jamais ! Ce n'est pas censé être lu, c'est publié, ça suffit.[rires]

Alors pour le bénéfice de ceux qui écoutent et qui se disent "mais qu'est-ce que c'est ?", l'analogie que je prends, c'est celle, d'une maison qui a brûlé et des gens qui sont morts dedans. Et ben on essaie de faire comprendre pourquoi les gens sont morts dans cet accident tragique, et il y a quatre types de personnes.

Les premiers qui se sont faits surprendre par les flammes, c'est ceux qui n'ont pas entendu l'alarme. Alors eux, ils vaquent à leurs occupations, ils se sont laissés surprendre, ils n'ont pas entendu, ou peut-être que l'alarme était débranchée à leur étage, on ne sait pas. Donc ils n'avaient pas l'information, voilà, ils ne sont pas sortis.

Il y en a qui ont entendu l'alarme et qui ont dit "non mais c'est un exercice, c'est pas vrai, ils nous saoulent avec ça, c'est fait pour me faire sortir alors que j'ai des choses importantes à faire." Donc les gens qui n'ont pas cru à l'information, ils se sont faits surprendre aussi.

Puis un troisième type, il y a ceux qui ont entendu l'alarme, il y a ceux qui ont dit "ce n'est pas un exercice, il y a un incendie quelque part dans la maison, je devrais sortir." Mais je ne peux pas là, je dois rendre mon rapport à mon patron, je suis obligé de rester ici pour surveiller les enfants, non non je... J'ai mieux à faire que d'écouter et d'agir. Et ben ceux-là ils se sont faits reprendre parce qu'ils avaient mieux à faire jusqu'à ce qu'il soit trop tard pour faire quelque chose.

Et les derniers, ceux qui ont entendu l'information, qui ont cru, qui ont dit "oui c'est urgent" et qui sont quand même morts, c'est ceux qui étaient prisonniers, ceux qui étaient derrière des barreaux, ceux qui n'avaient pas la clé des portes. Ceux qui n'avaient pas de porte d'accès ou d'accès à la sortie.

Et ben voilà de quoi il s'agit : quand on a une crise et collectivement on n'arrive pas à s'en sortir, c'est parce que soit on n'a pas eu l'information, soit l'information que l'on a reçue, on ne la croit pas, soit elle n'est pas importante, on a d'autres choses, on pense avoir d'autres choses plus graves à traiter, ou alors on n'a pas les moyens de s'en sortir.

Et c'est en ça que cette grille d'analyse, elle s'applique à toute transformation de la société. Il y a quatre obstacles à lever pour pouvoir transformer le système, pour pouvoir changer soi-même et changer les autres : il faut avoir l'information, il faut y croire, il faut agir dessus, et il faut avoir les moyens d'agir. Et ce sont quatre discussions totalement différentes à avoir.

Aparté

Gwen : Bonjour, c'est la Gwen du futur qui est en train de monter ce podcast, je voulais juste faire une toute petite aparté avant de continuer cette discussion, pour vous dire que si vous avez envie d'en savoir pus sur l'étude dont on est en train de parler, mais que vous n'avez pas la foi de vous taper tout l'article original en anglais, sachez que Claude et son équipe on pensé à vous. Vous pourrez donc vous diriger vers la synthèse documentaire en français, la vidéo illustrée “Architects of Change” ou encore la conférence TedX de Claude. Tous les liens sont en description. Et je vous laisse avec la suite de cette discussion.

[fin de l’aparté]

Gwen : Donc c'est finalement ça, les quatre portes dont vous parlez dans ce système de lecture, c'est donc d'identifier les portes, avec l'idée qu'à chaque porte, on peut rester bloqués. On peut rester bloqués à la porte de l'information, c'est-à-dire qu'on n'a pas reçu d'information. Pour certains sujets, c'est de plus en plus difficile de ne pas avoir vu l'information, surtout quand on parle des dérèglements climatiques. Mais après c'est quelque chose aussi qui est assez granulaire. On peut avoir entendu parler du dérèglement climatique, mais on n'est pas forcément au courant de sujets plus précis dedans. On n'est pas au courant de la problématique de l'acidification des océans ou de choses comme ça, qui sont un petit peu moins médiatisées. Donc voilà, c'est vraiment en fonction des sujets précis où on va rester bloqués à une porte ou l'autre. Et donc là, en ce moment on voit par exemple qu'il y a de plus en plus de personnes qui restent bloquées à la porte du déni, donc la deuxième porte.

Est-ce qu'on peut aussi revenir en arrière, on peut les passer dans les deux sens, ces portes-là ?

Claude : On les passe dans les deux sens, on les passe continuellement dans les deux sens. Et je discutais avec un ami récemment qui me faisait remarquer une belle citation, c'est que les portes du changement ne s'ouvrent que de l'intérieur, c'est une très belle phrase.

En fait, il y a deux choses : il y a ouvrir la porte et puis il y a franchir le pas. Et donc je peux ouvrir la porte à quelqu'un, je peux l'inviter à franchir le pas, c'est encore à cette personne de franchir par elle-même.

Gwen : Oui, on peut pas pousser les personnes à travers la porte.

Claude : Alors on peut, on essaye, et on force les gens et on leur ferme la porte sur le nez. Tout ça, c'est une allégorie, en fait très puissante, qui va nous parler, nous permettre de parler de processus sociaux, politiques, comment les médias traitent l'information, qui possède les médias, comment est construit... Que font les algorithmes, on va pouvoir parler d'énormément de choses. Comment se construisent nos croyances, sur quelle base, comment, à qui on fait confiance, qu'est-ce qui attire notre attention, qu'est-ce qui attire notre regard, qu'est-ce qui est...

Moi, il y a une chose qui m'a beaucoup frappé, donc on est nombreux à passer nos vies entières à essayer de promouvoir le changement. Il a suffi à Ronaldo de deux secondes pour enlever une bouteille de Coca et mettre une bouteille d'eau pour que la moitié de la planète se dise "ah oui mais peut-être il faut arrêter de boire du Coca avec autant de sucre."

Donc, on va pouvoir parler de pouvoir, on va pouvoir parler de responsabilité, on va pouvoir parler d'influence, il y a énormément de choses. Mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ces quatre portes, si vous voulez vous les représenter pour vous, pour la personne qui réfléchit, il faut les voir comme un chemin, qui est droit et il est barré avec ces quatre portes-là.

Et en fait, à chaque porte correspond un état d'esprit différent et particulier. Ceux qui n'ont pas l'information, le meilleur nom que nous avons pour les décrire, c'est "nous sommes ignorants". Quand on n'a pas reçu l'information, on ne sait pas quelque chose, donc ce n'est pas du tout une insulte, il y a des gens qui se vexent, mais c'est pas du tout une insulte.

Gwen : Oui, ignorant, c'est juste : je ne sais pas, j'ignore quelque chose, c'est factuel. Avant d'entendre le mot COVID, je ne savais pas que ça existait.

Claude : Voilà. Donc, on est ignorants. Alors on peut être soucieux de se sortir de l'ignorance, on peut être curieux du monde, ou on peut être apathique, on peut être bombardé d'information ou au contraire, on peut filtrer ou se protéger. Il y a une attitude à avoir, mais ce qui va nous permettre de sortir de l'ignorance, c'est cette attitude de curiosité. Donc c'est le premier état.

Le deuxième, on en parle beaucoup, et il cristallise en fait beaucoup de colère et de frustration de toute part. On reviendra là-dessus. Ceux qui n'y croient pas, les incrédules : j'ai reçu l'information et je dis ce n'est pas vrai. En fait ce que je dis c'est que j'ai une autre information que je crois plus fiable et qui rentre en contradiction avec celle-là, celle que j'apporte. Et je choisis de croire à ce que je continue à croire, à ce que j'avais avant, et je refuse de changer mes croyances.

Alors ce n'est pas un processus conscient, ça peut... on peut prétendre que c'est un processus conscient, mais ça ne l'est pas. On reviendra là-dessus.

Gwen : Oui, généralement quand on est dans le déni, c'est rarement un acte conscient, enfin c'est rarement un choix. On se dit âs « ah, je fais le choix de ne pas croire cette information », on est convaincu que l'information est fausse.

Claude : Ah, je pense que c'est en fait beaucoup plus compliqué que ça, et je crois qu'on a beaucoup d'intuitions sur ces questions-là qui sont très intimes, en fait, qui sont probablement erronées. La première chose, c'est qu'il semblerait que nos croyances ne soient pas vraiment nos croyances, mais soient les croyances du groupe auquel nous appartenons.

Et ça se mesure expérimentalement. Si vos voisins se mettent... enfin vous savez, ils ont fait des études aux États-Unis, on plante le drapeau démocrate ou républicain dans le gazon, mais en fait les gens qui sont entourés de gens qui changent le drapeau changent de vote aussi. Donc ça va très loin.

Donc les humains, on est des êtres sociaux. Nos croyances, comme nos valeurs, donc les deux portes du milieu, la porte des croyances et la porte des valeurs, sont en fait beaucoup, beaucoup, beaucoup des phénomènes de groupe. Et, on y reviendra, ça a un impact sur les raisons qui vont nous permettre de passer une porte ou pas.

Gwen : C'est une porte qui va être très difficiles à passer, j'imagine, la porte du déni.

Claude : Et bien encore une fois, ça c'est... je crois que non. Je m'explique : les mécanismes de défense sont très efficaces. Et par exemple, un groupe peut s'enfermer, et ça s'explique très bien, on appelle ça les bunkers épistémiques, pour invalider toute information qui viendra de l'extérieur, n'écouter que le gourou pour faire simple. Et ça, ça marche très bien, ça on le comprendre très bien. Et alors oui, je reste longtemps dans cette bulle de croyance.

Mais en fait, ce n'est pas par un processus graduel que je vais me sortir d'une bulle de croyance. Ça va être du tout au rien. C'est-à-dire que ce qui va me faire changer de croyance, c'est des coups de foudre, c'est des révélations. C'est de cet ordre-là, ce sont des mots que l'on utilise dans le domaine religieux ou spirituel. Mais c'est vraiment de ça dont il s'agit. Le mot en sciences cognitives, ce sont des épiphanies, une révélation. Et on démontre encore une fois expérimentalement que quelqu'un qui a une épiphanie, du jour au lendemain, change profondément de comportement parce qu'il y a un changement de croyance qui est intervenu. Et ça c'est un domaine fascinant.

Et alors c'est un grand mot l'épiphanie, mais je vais dire quelque chose qui va parler à tous les auditeurs. C'est si je vous demandais de monter sur scène dans un théâtre d'improvisation et que je vous demandais, on fait un casting là, Gwen, on fait un casting et tu es devant la caméra. Gwen, il faut que tu fasses semblant d'être surprise. Est-ce que tu saurais faire ?

Gwen : Je ne suis pas très bonne comédienne.

Claude : Tu es sûre que tu ne saurais pas faire la surprise ? Parce que c'est une émotion qui est intime, qui est familière, on est surpris presque tous les jours par des choses anodines ou pas. On agrandit les yeux, on ouvre la bouche, on a un mouvement de recul. Quand on a l'impression de surprise, ça veut dire que nos sens nous envoient une information qui est en contradiction avec ce que notre cerveau attend. C'est comme ça que se mettent à jour les croyances. Et personne ne résiste à la surprise. On est surpris et on ne peut pas résister à la surprise. Après on va pouvoir travailler dessus.

Donc voilà, cette porte, c'est une sorte de bascule, c'est du tout ou rien. Je résiste, je résiste, je résiste, mais si j'ai une épiphanie, si je suis surpris par quelque chose, ça me touche, c'est que ça a du sens. Et alors je peux changer. Et ça va être pareil pour les valeurs.

Par exemple, si je découvre que quelqu'un de proche dans ma famille a un cancer, je vais me demander si je continue à travailler pour les lobbies de production de tabac. Et là je fais bien sûr référence à un exemple historique.

Donc il faut quelque chose qui a chaque fois ait une empreinte émotionnelle puissante. C'est un marqueur de changement.

Donc on a parlé de la première porte, les ignorants. On a parlé de la deuxième porte, des incrédules. La troisième porte, c'est celle qui arrête le plus de gens. Ce sont les gens qui sont occupés, parce qu'on mène des vies de dingues, on a des agendas de fous, on court à droite à gauche. Et on décide de ne pas accorder du temps à d'autres choses, soit parce qu'on a des soucis, on a mieux à faire, soit parce qu'on est très confortable avec cette situation. Et on ne veut pas...

Gwen : C'est le fameux « mais est-ce qu'il n'y a pas des priorités plus importantes dans ce pays que de s'intéresser à des problématiques écologiques, à des problématiques de racisme systémique, à des problématiques de sexisme ect... »

Claude : Tout à fait «  il y a d'autres combats à mener qui sont plus importants ». Alors là, il y a des corollaires. C'est «  ce n'est pas nous la cause ». Nous c'est 1%, voyons ce que font les Chinois, voyons ce que font les riches, voyons ce que... Et ben, mais en fait tout ça, c'est repousser le problème à quelqu'un à quelqu'un d'aute. «  repoussons le problème à 2050 ! ». Ça on le fait très fréquemment. Donc tout ça, c'est dire : on a mieux à faire que de prendre le problème à bras-le-corps. Alors ce genre de problème, il va pas se résoudre tout de suite.

Gwen : Cette porte-là, je trouve que justement la grille de lecture des quatre portes, elle est très importante et très utile, je trouve, dans la vie de tous les jours, justement, quand on écoute des discours politiques ou ce genre de choses, parce qu'assez rapidement, on va entendre ces discours-là, et ça permet d'avoir une lecture différente, c'est-à-dire : "Ah, ces personnes-là essayent de me maintenir derrière la porte de 'je suis occupé'." Et donc du coup, quel intérêt est-ce qu'elles vont avoir à faire ça ? Et donc ça permet aussi de prendre du recul et de se dire : "Ah, là, certainement, il y a un intérêt est que les gens restent occupés." Et l'intérêt, effectivement, c'est de pouvoir ne pas prendre de décision impopulaire ou se faire réélire, etc. Et donc je trouve que cette porte-là, elle est particulièrement utile quand on écoute, quand on se confronte, justement, à l'actualité et au discours politique.

Claude : Et c'est donc la porte des priorités, c'est la porte des valeurs. C'est qu'est-ce qui est important pour nous ? Et encore une fois, ça peut changer. Et ça peut changer du jour au lendemain. Comme je le disais, si vous tombez amoureux, la cause climatique, elle va passer en... en troisième, quatrième, cinquième rang, vous avez mieux à faire.

Gwen : Oui, donc ça fluctue aussi, vraiment, en fonction du temps. On va avoir des... C'est pas bloqué

Claude : Nous traversons les portes à gauche et à droite en fonction de ce qui nous arrive, de ce qui se passe autour de nous, de nos états internes. Et donc il faut comprendre que c'est fluide, que ce n'est pas fixe.

Autre chose dont on discutera : tu ne peux pas me dire, Gwen, Claude, t'es occupé. Je ne peux pas dire, Gwen, t'es ignorante. Je peux dire, tu te présentes comme, tu agis comme, tu parles comme, mais je n'ai pas accès à ton intériorité, tu n'as pas accès à mon intériorité. Tu ne sais pas quelles sont mes croyances et mes valeurs. Tu n'entends que ce que je dis être mes croyances et mes valeurs.

Quand quelqu'un de très caricatural comme le président des États-Unis annonce qu'il ne croit pas au changement climatique, je peux seulement dire qu'il annonce qu'il ne croit pas au changement climatique. Je ne sais pas s'il y croit ou pas ou s'il s'en fiche, si en fait il est secrètement préoccupé, mais ça, on ne le sait pas. Et on n'a pas besoin de le savoir. Ça veut dire qu'on ne peut pas coller une étiquette sur les gens, par contre, on peut les mettre face à leurs incohérences.

Gwen : Il y a un exemple qui vient tout de suite en tête quand tu parles de ça, que j'entends très souvent des hommes se dire féministe. Et du coup se présenter comme féministe et ensuite, tu regardes leurs actes, tu décortiques un tout petit peu et tu dis : « Bah non, tu te présentes peut-être comme, mais tu agis différemment. » Ça permet de mettre un peu en évidence des incohérences. Est-ce que c'est du mensonge, est-ce que c'est de l'ignorance ?

Claude : Absolument

Gwen : Ça me fait penser un peu à ce qu'avait dit Fanny Parise, qui est il me semble ethnologue qui parlait des menteurs de bonne foi. Ça rejoint un petit peu ce sujet-là. Des fois on va mentir, mais on est persuadé de dire la vérité, alors qu'en fait c'est pas la réalité quoi.

Claude : Il y a cette citation, c'est une pièce de théâtre, c'est La Vie de Galilée, je crois, que c'est de Bertolt Brecht : « Celui qui ne connaît pas la vérité est un idiot » – je crois que c'est le terme qu'il emplois – « mais celui qui la connaissant dit que c'est un mensonge, celui-là est criminel. » Donc voilà, il y a la notion d'intention derrière, qui est... on parle de la même chose.

Donc on a parlé de trois étapes, on a parlé des ignorants, dont la curiosité peut les sauver. On a parlé des incrédules où c'est l'esprit critique qui va leur permettre d'évaluer, de douter de leur propre certitude et d'évaluer. Il ne s'agit pas de gober tout ce qu'on vous annonce, il s'agit d'être capable de juger de façon critique. Donc c'est l'esprit critique qui va nous permettre de sortir de l'état d'incrédules, d'abandonner des vieilles croyances et d'en adopter de nouvelles, et de ne pas prendre tout ce qui passe non plus, il faut bien faire attention à ça.

Ceux qui sont occupés, ceux qui sont au milieu, c'est de l'empathie qui va leur permettre de s'intéresser à autre chose que leur ordre de priorité déjà bien établi... Être capable d'être à l'écoute d'autres choses, être capable de s'intéresser aux choses et de dire « en fait si, c'est important », c'est des notions d'empathie et de responsabilité.

Et la quatrième, ceux qui sont bloqués à la quatrième porte, on en a parlé dans la maison en flammes, c'est ceux qui sont derrière les barreaux, c'est ceux qui sont enfermés. C'est peut-être la situation la plus douloureuse parce qu'ils sont prisonniers, ils veulent un changement du système et ils n'ont pas – alors c'est ça qui est terrible – c'est que soit ils n'ont pas les moyens, l'influence, l'argent, le temps, soit ils ne sont pas conscients de les avoir. Vous savez, quand on est dans la fumée, on peut ne pas trouver la sortie, alors qu'elle est là.

Donc cet état-là, je les appelle préoccupés : voudraient que ça change, mais ne trouvent pas les moyens d'agir avec efficacité. Et c'est une situation qui est très compliquée à vivre, c'est là où il y a de l'éco-anxiété, l'éco-anxiété se retrouve là dedans hein, la frustration.

Gwen : Oui, c'est finalement d'être paralysé par la peur, le stress, et donc du coup, de ne pas agir alors qu'on pourrait...

Claude : Ah non, non, c'est même pas ça, parce qu'on peut être très actif, on peut déployer des trésors d'énergie, mais si on n'a pas compris comment fonctionne le système, les bons leviers d'action, on va s'épuiser. Il y a plein de situations. Imaginez quelqu'un de prisonnier et qui gratte à la porte, parce qu'il ne sait pas trop comment l'ouvrir.

Il y a beaucoup de choses donc, en fait, c'est état qui moralement est épuisant, cette frustration, c'est... Cet état, on décrit ça comme de la dissonance cognitive. Il y a énormément de textes, beaucoup de gens en parlent beaucoup mieux que moi, mais nous avons des mécanismes pour nous protéger nous-mêmes de cette dissonance cognitive. Et certains de ces mécanismes, c'est de changer ce qui est important pour nous, de s'accommoder de la situation, c'est-à-dire de devenir occupé. Ça, ça va nous permettre de... du coup, il n'y a plus la frustration à vivre.

Donc, on peut se convaincre qu'il n'y a pas moyen de changer, donc on peut nier le fait que le changement est possible. On peut devenir incrédule.

Gwen : On peut se dire de toute façon, c'est foutu.

Claude : Voilà, le fatalisme, le cynisme et tout ça, ce sont des réponses à cette frustration-là, à cette incapacité, ça nous paraît insurmontable, et peut-être que c'est insurmontable. Je reviendrai, il y a des situations... voilà, si au Moyen-Âge, mon objectif avait été d'aller sur la lune, je serais mort de frustration, je n'y serais pas arrivé.

Donc voilà, mais, ce qui est intéressant, c'est que si on conceptualise ces quatre portes, si on conceptualise dans quel état nous sommes avant de passer chaque porte, ça va nous permettre aussi de conceptualiser qu'est-ce qu'il y a derrière la quatrième porte.

Et c'est cet état que je décris d'architecte. Sont architectes ceux qui ont eu l'information, qui ont accepté sa réalité, qui l'ont vérifiée, qui ont accepté sa validité, qui ont fait face à leur responsabilité, qui ont dit "oui d'accord, c'est important", qui ont donné au problème du temps, de l'attention, des ressources, et qui ont eu la créativité – c'est la créativité l'élément essentiel pour la dernière porte – pour agir de façon efficace sur le problème.

Alors je ne sais pas quelle est la façon pour agir, et chacun d'entre nous a sa façon d'agir. Certains d'entre nous ont plus de responsabilités que d'autres. Il y a des gens qui ont une voix, il y en a qui ont un mégaphone, des énormes enceintes. On a des responsabilités, on a des moyens à disposition différents, on a des responsabilités là-dessus qui sont différentes. Mais donc c'est ce qu'on appelle architecte du changement.

Et du coup, ça fait du bien, étant préoccupé par l'état du monde, de se dire, en fait, il y a un état possible qui est celui d'architecte. Et donc mon objectif, et c'est ce que j'en ai fait les 10 années qui manquaient, c'est 10 années à chercher comment être architecte du changement, ce qui permet de vivre beaucoup mieux la frustration, la colère. Je m'appuie beaucoup sur ce que j'ai compris des travaux du philosophe Spinoza qui dit : ne pas se lamenter, ne pas moquer les actions des autres, mais chercher à les comprendre. Ne pas se lamenter, ne pas railler, mais comprendre. Et ben si j'arrive à comprendre les autres...

Gwen : C'est ce que tu dis souvent, finalement, « il faut créer ou mourir », quoi ?

Claude : Bah, de toute façon, en fait ça va être les deux, il va falloir créer, puis mourir. Ça c'est la mauvaise nouvelle [rires], mais le plus tard possible !.

Gwen : Oui, c'est sûr [rires] , l'idée c'est de créer pour éviter de mourir tout de suite, frustration, de désespoir.

Claude : Absolument, c'est ça ou abandonner le combat. Et voilà...Je pense que, pour le coup, pardon, je fais des citations un peu mal digérées, mais Camus, dans Le Mythe de Sisyphe, il règle ce problème. Il faut imaginer Sisyphe heureux... Sisyphe il est aux prises avec la quatrième porte, alors il a été enfermé par les dieux, il n'y a pas moyen de... lui, il ne peut pas se sortir de là, mais il continue quand même. Donc ça, c'est une caractéristique qui est admirable, mais voilà, la possibilité d'être architecte, et se rendre compte qu'être architecte, c'est ouvrir la porte pour soi-même, mais c'est aussi, en fait, ouvrir la porte aux autres.

Je suis architecte quand je porte de l'information aux autres. Je suis architecte quand je discute sur les fondements des croyances et que j'invite les gens à avoir des épiphanies. Je suis architecte quand je montre l'exemple, quand je donne une priorité d'engagement. Je suis architecte quand je montre aux gens comment je peux faire moi, ou quand j'aide les gens à trouver comment ils peuvent faire.

Donc, il y a 1000 façons d'être architecte. Être architecte, c'est, en fait, ouvrir les portes aux autres. Parce qu'il ne s'agit pas d'avoir ici un leader, qui d'un coup de menton nous dit voilà le chemin à suivre. Les problèmes auxquels on fait face, ils sont systémiques, ce sont nécessairement des problèmes d'action collective et donc la réponse est dans l'action collective.

Cette théorie, ce cadre théorique que je vous présente, il met beaucoup l'accent sur la responsabilité individuelle. Je suis ignorant, je suis... préoccupé, je suis architecte, mais en fait les chemins que je peux emprunter, est-ce que les portes sont grandes ouvertes ou fermées à double tour ? En fait, ça c'est une construction sociale. Et nous pouvons construire une société où les femmes, par exemple, n'ont pas de moyens, ou au contraire, on peut leur donner les moyens. Je peux construire une société où les médias ne donnent pas l'information, voire même ne peuvent même pas mesurer ce qui se passe. Voilà où au contraire je peux donner accès à l'information, je peux donner, je peux investir dans la science. Donc vous voyez, c'est au croisement entre la responsabilité individuelle, le cheminement personnel et intime – j'ai parlé des épiphanies, il n'y a pas plus intime que ça – mais ça se passe dans un processus de société et de construction collective.

Gwen : Oui, donc on a notre niveau à nous qui est très intime et qui est très personnel, qui s'entre-choque finalement avec des circonstances et qui va faire que, en fonction de, à la fois notre curiosité personnelle, ou aussi nos convictions qui sont le fruit d'un environnement, etc... Confronté un environnement, un certain nombre de politiques publiques, etc... vont faire que on va plus ou moins passer, enfin voilà. Il y a un peu des courants qui nous ballottent et qui vont rendre les choses plus ou moins faciles, en tout cas selon la direction qu'on va prendre, plus ou moins facile, selon qu'on choisit de les suivre ou selon qu'on essaye de les remonter finalement.

Claude : C'est exactement ça. Et tu me fais penser à quelque chose. Ce qu'il faut comprendre, c'est que là, fondamentalement, il y a un message, c'est que tous les êtres humains sont capables de ressentir la surprise, tous les êtres humains sont capables de ressentir à peu près les émotions. Alors, certains, plus ou moins, facilement, que d'autres, qui ont plus de problèmes, on le sait, il y a beaucoup de diversités, mais n'empêche, ça veut dire que fondamentalement, nous sommes tous capables d'être transformés et de devenir architectes.

Ça m'aide aussi à regarder différemment les gens en face de moi où ma première réponse pourrait être une réponse de colère, parce que je ne suis pas d'accord avec leurs actions, mais ça rappelle que, en fait, il y a la possibilité, alors, des fois, ça va être plus ou moins difficile. Certains d'entre nous sont dans des tempêtes, d'autres dans des eaux calmes, tout ça, mais il n'empêche qu'il y a un ... Pour moi, c'est une étincelle de... je crois au fait que tout le monde peut y arriver.

Gwen : Oui, aussi ce que tu disais, je pense, sur la créativité, c'est quelque chose qui est assez, comment dire, positif, puisqu'on peut souvent avoir l'impression d'être... souvent quand on est préoccupé, ce qui est un peu la situation où on va ressentir le plus de frustration et d'impuissance, et on va souvent avoir une espèce de sentiment de fatalité, parce qu'on n'a pas les moyens, ou parce qu'on va se sentir trop petit, etc. Le concept de créativité... Je trouve qu'un seul coup ça redonne pas mal de...

Alors, c'est peut-être aussi un biais de mon côté, parce que je suis issue d'études artistiques, créatives. C'est un peu le... on n'a pas de pétrole, mais on a des idées quoi, c'esy à dire que face au fait de ne pas avoir de moyens conventionnels, c'est-à-dire de l'influence, de l'argent, du pouvoir, etc. On peut toujours trouver des portes de traverse, si on a un peu une espèce de petite étincelle, comme ça, de créativité, de trouver un chemin détourné, une manière différente avec les moyens qu'on a, de dire, de rendre... de... de changer, de faire avancer les choses.

Claude : L'alternative à ça, c'est la résignation ou la violence. Alors, je n'aime ni la résignation, ni la violence. Dans mes travaux de recherche, dans ce que je fais à peu près partout dans le monde, maintenant, c'est que je vois ces mécanismes à l’œuvre, je vois les portes s'ouvrir et je vois les gens imaginer de nouvelles façons de faire. Donc, ce n'est pas... ce n'est pas une croyance qui... pour le coup, qui serait éthérée, théorique, conceptuelle. Je viens ici témoigner que les gens ensemble arrivent comme ça, à imaginer des choses et à changer... changer la donne, quoi.

Gwen : Tu vois des gens trouver des solutions là où on n'en voyait pas au début...

Claude : Où on doutait même qu'il y ait... enfin, la situation de départ, c'est... il n'y a pas de problème. Donc, déjà, il y a « pourquoi vous allez chercher des solutions. » Nier l'existence du... enfin, toutes ces situations là. Je... j'y ai été confronté avec mes collègues, avec mes partenaires, et on voit comment l'attitude des gens change en réfléchissant au problème de cette façon.

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Propositions d'action

Gwen : Avant de conclure, j'aimerais prendre quelques minutes pour synthétiser ce que Claude vient de nous partager en actions concrètes appliquées à la communication.

Si vous êtes scientifique, activiste, ou simplement quelqu'un qui essaie de faire passer un message important, la théorie des quatre portes peut être un outil puissant.

Premièrement, en vous aidant à identifier où se trouve votre audience.

S’il y a une chose à retenir de cet épisode, c’est qu’on ne s’adresse pas du tout de la même façon à un public selon qu’il est est ignorant, incrédule, occupé, ou préoccupé. Donc par exemple, on arrête de s'épuiser à donner des chiffres à une personne dans le déni. 

Deuxièmement, les 4 portes peuvent vous aider à adapter votre message.

Chacune demande une approche différente. Dans les prochains épisodes, nous explorerons en détail comment communiquer efficacement avec chaque archétype. Pour l'instant, retenez simplement que comprendre où se trouve votre audience, c'est déjà la moitié du chemin.

Troisièmement, vous ne pourrez hélas pas tirer les gens à travers les portes. 

Vous ne pouvez qu'ouvrir la porte et inviter à la traverser. Chacun doit franchir le pas par lui-même.

Et enfin : tout le monde peut être architecte du changement, et la créativité est votre superpouvoir quand vous n'avez ni l'argent, ni l'influence, ni le pouvoir.

Conclusion

Gwen : Merci d'avoir écouté cet épisode du Projet Cassandre. J'espère que cette conversation vous aura donné des pistes concrètes pour faire entendre votre voix. Je vous retrouve dans le prochain épisode, toujours en compagnie de Claude Garcia, pour s’intéresser plus en détail à l’archétype de l’ignorant, et apprendre à lui parler.

Je m'appelle Gwen, et je suis designeuse graphique spécialisée en vulgarisation et visualisation de données. L'information est le premier pas nécessaire à l'émancipation, à l'action, et donc au changement. Avec cette idée en tête, j’ai créé le Studio Obole pour aider les scientifiques, les activistes et les acteurs de l’ESS à rendre leurs messages accessibles et percutants, à travers le design et la mise en récit de données.

Pour vous aider à construire votre communication, je mets à disposition des ressources de design à prix libre (le lien est en description).

Si vous voulez en savoir plus sur mon travail ou échanger sur vos projets de communication, vous pouvez me retrouver sur www.obole.studio, ou me suivre, sur LinkedIn ou sur Instagram @gwen.caron.

À bientôt pour un prochain épisode !

Sources et références

Sur le système des 4 portes :

Concepts et expériences scientifiques :

  • Expérience du gorille invisible (Daniel Simons et Christopher Chabris) - Expérience de psychologie sur l'attention sélective
  • Bulles épistémiques - Concept en sciences cognitives et sociologie
  • Épiphanies/révélations - Concept en sciences cognitives pour les changements de croyance
  • Dissonance cognitive - Concept de psychologie sociale (Leon Festinger)